AccueilActualités

Communiqué de presse : diminution de la vitesse sur le...

Communiqué de presse : diminution de la vitesse sur le réseau secondaire

La diminution de la vitesse routière à 80 km/heure sur le réseau secondaire a-t-elle vraiment été objectivée ?

Communiqué de presse du jeudi 11 janvier 2018.

Il ne fait maintenant plus aucun doute que le gouvernement a décidé d’abaisser la vitesse maximale sur le réseau routier secondaire à 80 kilomètres/heures. Personne ne nie les mauvais chiffres de l’accidentologie nationale dont la courbe est malheureusement repartie à la hausse. Pour autant, aucun élément sérieux de comparaison ou d’analyse ne permet à ce jour de juger du bien-fondé de cette mesure et de son impact réel sur le nombre d’accident mortel. De plus, après l’augmentation du Gazole qui pénalise déjà fortement la ruralité, cette décision va encore un peu plus contraindre les habitants des territoires ruraux où de forts écarts géographiques perdurent.

C’est pour cette raison que les deux Sénateurs de l’Ardèche Jacques Genest et Mathieu Darnaud ont saisi le cabinet de Monsieur le Premier Ministre afin qu’il puisse mandater un comité d’experts pour étudier l’impact réel de la mise en place d’une telle décision.

Cette demande est motivée par la volonté des deux parlementaires de voir l’Etat décider de mesures efficientes, efficaces, basées sur une vraie prospective. Cette étude permettrait en autre de répondre aux questionnements suivants :

  • Pourquoi certains pays reviennent sur cette mesure alors qu’ils l’avaient instaurée.
  • Comprendre que cette mesure doit nécessairement être pensée de façon plus globale. Elle nécessitera obligatoirement une uniformisation des vitesses sur certains axes, uniformisation qui est demandée depuis déjà longtemps. En effet, cette décision impliquera sur certains tronçons de voiries départementales ou nationales du réseau secondaire une succession discordante et impressionnante de limitations disparates. Dès lors on pourra s’interroger un peu plus sur la concentration de l’automobiliste, écartelé entre la volonté de ne pas contrevenir à la loi en adaptant continuellement sa vitesse et sa mobilisation sur des évènements de conduite imprévus et souvent fatals.
  • Concernant les forces de l’ordre et leur implication sans faille dans le combat de la sécurisation routière, là encore il faut analyser et quantifier la mobilisation qui va leur être demandée. Leur attention va être mobilisée sur ces nouvelles vitesses plafonds, alors même que le vrai danger réside dans la conduite de personnes addictes, sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants.
  • Enfin, même si rien n’est plus important que la préservation des vies, cette mesure coutera chère à l’État et aux collectivités, notamment aux départements. Ces dépenses concerneront par exemple la nécessaire adaptation de la signalétique routière, des actions d’adaptation des radars ou encore des moyens humains mis à disposition des forces de l’ordre, moyens qui aujourd’hui sont engagés sur d’autres missions tout aussi primordiales pour notre pays. Car si cette mesure n’était pas suivie de campagnes de contrôles pédagogiques ou répressifs, alors chaque automobiliste serait en droit de penser que l’État n’évalue pas la mise en place de ses propres politiques.

Ces interrogations sous-tendent la demande des deux Sénateurs ardéchois qui souhaitent qu’une étude soit entreprise afin de déterminer le bien-fondé de l’abaissement de la vitesse plafond à 80 km/h sur le réseau routier secondaire.