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Congrès du FDSEA de l'Ardèche

Congrès du FDSEA de l’Ardèche

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Ma commune, Coucouron, accueillait ce vendredi 12 février le congrès départemental du FDSEA de l'Ardèche.

A cette occasion, nous avions eu le plaisirs d'accueillir sur le plateau, entre autres, Laurent Wauquiez, président du conseil régional Rhône Alpes Auvergne, Sabine Buis, députée de l'Ardèche, Matthieu Darnaud, mon confrère sénateur de l'Ardèche, Hervé Solignac, président du Conseil Départemental, Alain Triolle, préfet de l'Ardèche, M. Volle, président du FDSEA de l'Ardèche.

Voici mon discours tenu à cette occasion.

Monsieur Le Président de la FDSEA et les membres du bureau départemental,
Monsieur Le Préfet,
Monsieur le Président du conseil régional,
Madame la députée,
Monsieur le Sénateur,
Monsieur le Président du conseil départemental,
Monsieur le Président de la chambre d’agriculture,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et messieurs les élus professionnels,
Mesdames et messieurs les représentants des administrations et des différents services,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis agricultrice et agriculteur,

C’est avec beaucoup de plaisir et de fierté qu’en tant que maire de Coucouron je reçois le congrès départemental de la FDSEA.

Tout d’abord je tiens à remercier le Président Volle et son équipe d’avoir choisi Coucouron. Cette commune est située dans une région phare pour l’élevage et la production laitière mais région très sévèrement touchée par la crise et  la baisse des aides aux agriculteurs de montagne. J’en profite aussi pour remercier Coralie Reynaud, Présidente cantonale et vice-présidente départementale, ainsi que Jacques Méjean, Président communal, d’avoir sollicité l’organisation de cette manifestation à Coucouron.

Pour la mise en place de la salle, je remercie les élus municipaux, en particulier Dominique et Pascal, ainsi que les employés communaux et tous les bénévoles qui y ont participé.

Bonne journée à tous sur la montagne.

Ce 12 février aurait dû être une magnifique fête de l’agriculture malheureusement le destin en a voulu autrement.
Le 12 janvier, il y a tout juste un mois, Claude Hugon a perdu la vie en faisant son travail de paysan.
Sa compagne Barbara, son fils Melvin, sa maman Denise ont perdu un conjoint, un père et un fils, ce qui est horrible.
La commune a vu disparaitre un jeune agriculteur très performant, motivé, dévoué et impliqué. Dans ces moments particulièrement horribles, le monde paysan et le monde rural ont fait preuve d’une solidarité remarquable. Merci à tous et ayons une pensée pour Barbara, Melvin, Denise et pour  tous ses proches si durement éprouvés.

Mais la vie doit continuer et revenons à notre sujet.

Merci Laurent d’avoir choisi Coucouron pour ta première visite officielle en Ardèche. Décidemment, c’est une habitude de ta part et je t’en remercie. Nous comptons beaucoup sur la Région pour défendre et soutenir l’agriculture et la ruralité. Les ruraux attendent avec beaucoup d’impatience et d’espoir, tes initiatives en leur faveur.

Nos agriculteurs sont beaucoup impliqués dans la vie publique et montrent ainsi leur dynamisme et leur confiance en l’avenir.

Pour la première fois en 2014, ce sont trois agriculteurs en activité qui ont été élus maires de 3 communes de l’ancien canton de Coucouron : Michel à Issarlès, Rolland à La Chapelle Graillouse et Joël à Lavillatte et je n’oublierai pas Pascal premier adjoint à Coucouron.

Coucouron est le bourg centre d’un plateau très agricole. Notre commune accueille 3 fromageries.

Malheureusement, en raison des contraintes et de la crise, le nombre de producteurs laitiers est en baisse. Les jeunes hésitent à s’installer pour travailler 365 jours sur 365 et ne pas pouvoir vivre de leur travail.

L’agriculture est toujours l’activité économique essentielle de notre plateau  mais attention un agriculteur ne peut vivre dans un désert.

Il faut donc que l’activité économique et les services se maintiennent .
Il faut donc que tous les acteurs du monde rural vivent ensemble et en parfaite osmose.
Nous devons tous ensemble nous battre pour défendre cette ruralité tant mise à mal par les dernières reformes (baisses des dotations, regroupement forcée des communautés, attaques contre les petites communes, menaces contre le département…etc.).

Je crois que, depuis que je suis élu sur le plateau, c’est la première fois que je vois le moral de nos agriculteurs aussi bas. Ils en ont marre des paroles et ils veulent des actes.

Les éleveurs de montagne semblent particulièrement pénalisés par la modification du calcul des  primes. Si tel est le cas, c’est parfaitement injuste pour nos agriculteurs de montagne confrontés à des contraintes spécifiques qui sont ainsi moins reconnues.

Arrêtons d’entasser les contraintes pour les agriculteurs et tous les acteurs du monde rural, c’est pour cela que j’ai voté contre la loi sur la biodiversité.

Devant la crise de l’agriculture, le Président Larcher, très attaché à la ruralité, a demandé à la majorité sénatoriale d’établir une proposition de loi en faveur de la compétitivité de l’agriculture et de la filière agroalimentaire. Celle-ci a été adoptée par le Sénat le 9 décembre et comportait de nombreuses avancées.

Citons entre autres :

  • la contractualisation prenant en compte les coûts de production dans la fixation des prix payés aux agriculteurs,
  • l’information des consommateurs sur l’origine des produits,
  • le report des échéances de prêt pour tout agriculteur dans un secteur en crise,
  • un dispositif de suramortissement des investissements pour les bâtiments d’élevage et de stockage,
  • la simplification en matière d’installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE),
  • l’allégement des charges patronales pour les salariés permanents  et l’extension de l’exonération des charges sociales pour les jeunes agriculteurs.

Il semble que le Président de la République ait  annoncé hier une avancée.

Agricultrices et agriculteurs, ce texte, qui vous apportait de nombreuses mesures favorables et qui avait été approuvé par les organisations professionnelles, a donc été transmis à l’assemblée nationale. Le 4 février, la majorité de l’assemblée n’a même pas souhaité examiner le texte et l’a repoussé par une motion de rejet. Sans commentaire.

La ruralité est très étroitement liée à l’agriculture, c’est pour cela qu’en tant que président des maires ruraux, j’affirme :

  • ce sont nos éleveurs et leurs animaux qu’il faut protéger et non, les loups
  • il faut soutenir nos agriculteurs ,véritables acteurs de l’entretien des territoires, contre l’intégrisme de l’écologie de salon.
  • il faut redonner à l’agriculture ,comme à toutes les autres activités, l’envie d’entreprendre en supprimant une grande majorité de contraintes purement idéologiques.

Je crois et vous devez croire en l’avenir de nos territoires ruraux.

En résumé ,je demande à nos dirigeants nationaux et à nos futurs dirigeants de retrouver « le bon sens paysan ».

Merci pour votre attention.